Formation SST · le sigle que j’ai mis un mois à décoder

J’ai commencé à lire des offres d’emploi par curiosité, pour comprendre ce qu’on demandait aux jeunes aujourd’hui. Dans les secteurs de la logistique, du bâtiment et de l’aide à la personne, trois annonces sur quatre mentionnaient « SST apprécié » ou « SST exigé ». Jamais développé. Jamais expliqué.

J’ai mis un mois à comprendre, non pas parce que c’est compliqué, mais parce que je cherchais mal. SST signifie sauveteur secouriste du travail. Voilà. Un mois pour trois mots.

Ce que c’est, concrètement

C’est une formation courte de secourisme adaptée au milieu professionnel. Elle dure quatorze heures, réparties le plus souvent sur deux journées consécutives. À l’issue, le stagiaire reçoit un certificat valable vingt-quatre mois.

Le contenu couvre la protection de la zone d’accident, l’examen de la victime, l’alerte aux secours et les gestes d’urgence : hémorragie, étouffement, malaise, arrêt cardiaque avec usage du défibrillateur. Une partie porte spécifiquement sur la prévention des risques dans l’entreprise, ce qui la distingue d’une formation de secourisme grand public.

Le dispositif est piloté par l’Institut national de recherche et de sécurité, qui définit le référentiel et habilite les organismes. C’est le point à vérifier avant de payer quoi que ce soit : l’organisme doit être habilité, sinon le certificat ne vaut rien aux yeux d’un employeur.

La différence avec le PSC1

Les deux se confondent souvent. Le PSC1, prévention et secours civiques de niveau 1, dure sept heures et s’adresse à tout citoyen. Il n’a pas de validité limitée dans le temps et ne comporte pas le volet prévention en entreprise.

Le SST dure le double, se renouvelle tous les deux ans et comporte une dimension professionnelle. Pour un jeune qui vise un poste en atelier ou en entrepôt, c’est le second qui est demandé. Pour une candidature dans l’animation ou pour un dossier de bénévolat associatif, le premier suffit généralement.

Si vous devez choisir et que votre budget est serré, posez la question à l’employeur visé avant de vous inscrire. J’ai vu une jeune femme financer un PSC1 de sa poche pour découvrir que l’entreprise voulait l’autre.

Le recyclage, la partie qu’on oublie

Le certificat expire au bout de deux ans. Le maintien et l’actualisation des compétences, sept heures, doit intervenir avant l’échéance. Passé le délai, la règle veut que le titulaire repasse la formation initiale complète.

Cette échéance est la source d’ennuis la plus fréquente dont j’aie entendu parler. Un jeune qui enchaîne les contrats courts change d’employeur plus vite que la date de recyclage n’arrive, et personne ne suit le calendrier à sa place. Notez la date quelque part. Je l’ai inscrite au crayon dans le cahier où je garde mes patrons de tricot, à la page du mois concerné, parce que c’est le seul carnet que j’ouvre toutes les semaines.

Il existe une tolérance pratiquée par certains organismes pour un recyclage légèrement dépassé, mais elle n’est écrite nulle part et dépend entièrement de l’interlocuteur. Compter dessus revient à parier sur la bonne humeur d’un inconnu. Mieux vaut prendre date trois mois à l’avance : les sessions de sept heures se remplissent, surtout en fin d’année quand tous les certificats délivrés en janvier arrivent ensemble à échéance.

Qui paie

Quand la formation est suivie à la demande de l’employeur, elle relève du plan de développement des compétences et se déroule sur le temps de travail, rémunéré. C’est le cas de figure le plus fréquent et le plus confortable.

Quand un jeune candidat veut l’ajouter à son dossier avant d’être embauché, les choses se compliquent. Le prix pratiqué que j’ai relevé auprès de quatre organismes de la région messine allait d’environ cent cinquante à deux cent cinquante euros, pour un contenu réglementairement identique. L’écart tient aux frais de structure, pas au programme.

Un financement par le compte personnel de formation est possible lorsque l’action est enregistrée au répertoire spécifique. Toutes ne le sont pas. J’ai détaillé le fonctionnement du compte et ses pièges dans mon billet sur le compte personnel de formation. Certaines missions locales organisent aussi des sessions gratuites pour les jeunes accompagnés, ce qui est la piste la moins connue et la plus intéressante.

Est-ce que cela sert vraiment

Je vais donner mon avis, qui n’engage que moi et qui ne repose sur aucune expertise du recrutement.

Pour un jeune de vingt ans avec un dossier léger, oui. Pas parce que le secourisme fait la différence sur la compétence métier, mais parce que la ligne sur le curriculum vitae raconte quelque chose : la personne a suivi une formation de sa propre initiative, elle est allée au bout, elle a un document à montrer. Dans une pile de candidatures qui se ressemblent, ce genre de signal compte.

Il y a un second effet, moins commenté. Dans une petite équipe, être la personne qui sait quoi faire quand quelqu’un s’effondre change votre place dans le groupe. Une amie qui travaille en maison de retraite m’a raconté avoir été appelée trois fois en deux ans pour cela. Elle n’a jamais eu de prime. Elle a eu autre chose.

Ce que je ne sais pas

Je n’ai pas trouvé d’évaluation publique sérieuse de l’effet de ce certificat sur l’accès réel à l’emploi. Les organismes de formation publient des taux de satisfaction, ce qui n’est pas la même chose. Les statistiques générales sur l’emploi des jeunes sont consultables chez l’Insee, mais pas à ce niveau de détail.

Donc je ne vous dirai pas que cette formation vous fera embaucher. Je vous dis ce qu’elle contient, ce qu’elle coûte, combien de temps elle vaut, et je vous laisse décider. Pour le reste du paysage des certifications courtes, la rubrique formation des jeunes adultes rassemble ce que j’ai lu jusqu’ici.