Une jeune femme croisée lors d’un atelier couture m’a demandé si une formation de secrétaire médicale à trois mille euros « valait le coup ». Je n’en savais rien. J’ai dit que j’allais regarder, et j’ai mis trois semaines, parce que ce secteur est le plus confus que j’aie examiné jusqu’ici.
La difficulté n’est pas le métier. C’est que trois systèmes différents délivrent des papiers portant à peu près le même nom, et que les organismes entretiennent soigneusement la confusion.
Un détail qui en dit long : si vous tapez « formation secretaire medicale » sans accents dans un moteur de recherche, ce que fait la majorité des gens pressés, les premiers résultats sont des pages publicitaires d’écoles privées. Les pages officielles arrivent plus bas, quand elles arrivent. Toute la suite de ce billet consiste à remettre ces trois systèmes dans l’ordre.
Ce que fait le métier
Accueil des patients, gestion des rendez-vous, frappe de comptes rendus médicaux, télétransmission des feuilles de soins, gestion des dossiers, relation avec les caisses et les mutuelles, parfois facturation et encaissement.
Le cœur technique tient en deux choses : la terminologie médicale et les logiciels métier. Le reste relève de l’organisation et du contact. Les offres que j’ai lues en région Grand Est insistaient sur la rapidité de frappe et sur la discrétion, nettement plus que sur le titre obtenu.
Voie 1 : le titre professionnel
Un titre professionnel de niveau bac, enregistré au répertoire national des certifications professionnelles, existe sous l’intitulé de secrétaire assistant médico-social. C’est la voie la plus solide.
Durée en formation continue : généralement huit à douze mois, avec stages. Il est découpé en blocs de compétences, ce qui permet de valider par morceaux et de faire reconnaître des acquis antérieurs. Il est accessible par la validation des acquis de l’expérience pour qui a déjà exercé, voie décrite sur le portail officiel de la VAE.
Son grand avantage est d’être reconnu partout, y compris en milieu hospitalier public où les recrutements regardent les niveaux officiels. Son inconvénient est la sélection à l’entrée dans les centres financés, où les places sont limitées.
Voie 2 : les certifications de branche
Le secteur sanitaire et social dispose de certifications propres, délivrées par des organismes paritaires et enregistrées au répertoire spécifique. Elles sont plus courtes, souvent six mois, et très orientées vers la pratique.
Elles sont bien acceptées dans les cabinets libéraux et les cliniques privées. Elles pèsent moins lourd dans un concours de la fonction publique hospitalière. Tout dépend donc du type d’employeur visé, et c’est la question à se poser avant de choisir, pas après.
Voie 3 : les formations d’organismes privés
C’est de là que venait le devis à trois mille euros, et c’est la zone où il faut regarder de près.
Certaines de ces formations préparent au titre professionnel et sont donc adossées à une certification reconnue. D’autres délivrent une « attestation de fin de formation » qui n’a aucune valeur de certification, même quand le document est imprimé sur papier épais avec un liseré doré.
La vérification tient en une question posée par écrit : quelle est la certification visée et quel est son numéro d’enregistrement. Un organisme sérieux répond en deux lignes. Un organisme qui répond par une brochure ou par « notre formation est reconnue par les professionnels » vous a déjà répondu.
Dans le cas qui m’occupait, le devis ne mentionnait aucun numéro. La jeune femme a posé la question. La réponse a mis onze jours et était évasive. Elle n’a pas signé.
Les prix relevés
Pour la même finalité, j’ai relevé des écarts considérables. Une formation financée par un centre conventionné pour une personne accompagnée peut ne rien coûter au stagiaire. Un parcours en organisme privé à distance se négociait entre mille cinq cents et trois mille cinq cents euros selon la durée et l’accompagnement.
Le financement par le compte personnel de formation est possible dès lors que la certification est enregistrée, ce qui ramène encore à la même vérification. Mon billet sur le compte personnel de formation détaille les délais à anticiper.
Le point que je trouve mal expliqué
La différence entre secrétaire médicale en ville et assistante médico-administrative à l’hôpital public. Les deux métiers se ressemblent de loin. Le second relève de la fonction publique hospitalière et se recrute sur concours, avec un statut, une grille et une progression. Le premier relève du droit privé et d’une convention collective.
Une personne qui suit une formation privée en pensant entrer à l’hôpital découvre tard qu’il lui manque l’étape du concours. J’ai lu trois pages d’organismes qui entretenaient ce flou, et je trouve cela franchement malhonnête.
Ce que je conseillerais, sans en avoir l’autorité
Déterminer d’abord le type de structure visé. Vérifier ensuite le numéro d’enregistrement de la certification. Demander enfin le taux d’insertion à six mois des promotions précédentes, que les organismes certifiés ont l’obligation de publier.
Et parler à quelqu’un qui exerce. Un quart d’heure avec une secrétaire de cabinet en apprend davantage qu’une brochure, notamment sur la charge réelle des fins de journée.
Deux choses qu’on ne m’avait pas dites
La première concerne la frappe. Plusieurs annonces exigeaient une vitesse minimale, exprimée en mots par minute, et aucun des programmes de formation que j’ai lus n’annonçait d’objectif chiffré sur ce point. C’est pourtant éliminatoire à l’embauche dans les cabinets où la frappe de comptes rendus occupe la moitié de la journée. Si vous visez ce type de poste, entraînez-vous de votre côté : des logiciels gratuits font cela très bien et ne coûtent que de la patience.
La seconde concerne le secret médical. Une secrétaire voit passer des diagnostics, des courriers d’oncologie, des résultats d’analyses. L’obligation de discrétion n’est pas une clause de style, elle est au cœur du poste, et les manquements se paient cher. Une connaissance qui exerce depuis quinze ans m’a dit qu’elle n’avait jamais, pas une fois, raconté chez elle ce qu’elle avait lu dans la journée. Quand on hésite sur ce métier, cette dimension vaut d’être pesée autant que le salaire.
Elle a finalement obtenu une place dans un centre conventionné, entrée en janvier, parcours de dix mois. Pour la suite, la rubrique formation des jeunes adultes rassemble mes autres lectures, et le billet sur le niveau d’anglais traite d’une autre ligne de curriculum vitae souvent mal renseignée.